ROME - Le gouvernement montenegrin est sous la pression. De nombreux responsables de l'opposition serbe demandent au Monténégro de s'unir à eux car "ensemble, on sera plus fort" pour remporter les élections du 24 septembre 2000. Même Madeleine Albright, le premier diplomate américain, expose aujourd'hui à Milo Djukanovic les raisons pour lesquelles le Monténégro doit se présenter aux élections. On apprendra à l'issue de la rencontre, qui a eu lieu à Rome aujourd'hui entre Djukanovic et Albright, que la demande américaine pour que le Monténégro participe aux élections n'était qu'une rumeur, qu'il n'en a jamais été question et que la teneur de la discussion s'est surtout articulée autour du soutien à l'opposition serbe.
Jusqu'à aujourd'hui, les autorités montenegrines étaient claires: "Pas de participation à des élections truquées par le putsch constitutionnel du 7 juin". Mais Milo Djukanovic s'est montré plus prudent: "Une décision sera prise au sein de la coalition gouvernementale et sera rendue publique".
Il ressort aussi des discussions que les États-unis et le Monténégro ont établi un plan pour coordonner le soutien et l'aide à l'opposition serbe à présenter un candidat unique et à mettre toutes ses chances de son côté.
Madeleine Albright a également confirmé au président montenegrin que les États-unis seraient un acteur important de la sécurité dans les Balkans. Traduction: nous serons prêts à agir si Slobodan Milosevic agit directement ou indirectement au Monténégro en usant de la force.
Aleksandar Erakovic, du quotidien Vijesti, note que la délégation montenegrine est retournée d'Italie en avion en passant d'abord par Dubrovnik. William Montgomery, l'ambassadeur américain en Croatie, faisait partie du voyage.